Le tract dont j’ai donné le texte dans un article précédent, envoyé par ballons vers la province — car, à quoi bon le publier dans des journaux bloqués à Paris, quel travailleur de la campagne aurait pu le lire? — en voici un exemplaire. Qui est arrivé entre les mains d’un architecte d’Auxerre, Émile Lorin (1815-1902) qui, justement, était collectionneur de tracts. Émile Lorin fut maire (élu) d’Auxerre de 1882 à 1884. On peut donc imaginer qu’il était attaché à sa ville. En tout cas c’est à la Bibliothèque municipale d’Auxerre que sont aujourd’hui ses collections, feuilles volantes reliées en volumes. Dans le soixante-quinzième volume (!) se trouve l’appel « Au travailleur des campagnes » (cote L – 75 – 399).

C’était l’histoire du tract et du ballon, c’est devenu celle de l’architecte collectionneur, et c’est maintenant celle de l’historien qui a déniché ce tract dans ce volume dans ce fonds de cette bibliothèque. Et qui me l’a envoyé. Et grâce à qui vous le trouvez sur votre écran.

Auxerre1

Cliquez sur les images pour pouvoir les lire.

Auxerre2

C’est un plaisir de remercier Jean-Pierre Bonnet à nouveau, et cette fois vous voyez pourquoi.

Une petite subtilité, que me signale (toujours) Jean-Pierre Bonnet: le texte est imprimé dans une police de caractères de type Garamond dont l’Imprimerie nationale avait à l’époque l’exclusivité — ce qui garantit que c’est bien là que le tract a été imprimé. Comment reconnaître cette police? Regardez attentivement les « l », ils ont une discrète petite barre, au milieu à gauche.

Une toute dernière petite remarque. Je vous laisse jouer au jeu des sept différences entre ce texte et celui de l’article précédent (il vient du livre de Benoît Malon, mais j’ai pu y introduire des erreurs).

Mes remerciements aussi à la Bibliothèque municipale d’Auxerre.