La Commune de Paris

Blog de Michèle Audin

Glossaire (actualisé) pour La Marseillaise de 1869-70

Ce glossaire accompagne la publication de « Aujourd’hui dans la Marseillaise« . Il est mis à jour quotidiennement. 

Les items en bleu sont les journalistes ou collaborateurs de la Marseillaise.

Les sources principales sont: le Maitron en ligne, les notices de la BnF, le site de l’Assemblée nationale pour les députés, accessoirement l’annuaire des anciens élèves de l’ENS, les Cahiers rouges de Vuillaume, les Souvenirs de Lefrançais, etc.

De beaucoup de « personnages », je ne sais rien ou presque. N’hésitez pas à me proposer des améliorations. Je remercierai tous ceux qui m’auront aidée! Jean-Pierre Bonnet, notamment.

Attention, ceci n’est qu’un glossaire, centré dans les années 1869-70 et après.

Je ne prétends évidemment à aucune impartialité dans les notices qui suivent.

 

Agar (Florence Léonide Charvin) (1832-1891), actrice, bien maltraitée par La Marseillaise. L’année suivante, c’est le Figaro qui n’appréciera pas son soutien à la Commune : « Je suis prête à aller à Cayenne. J’attends pour cela une dénonciation de vous. Je ne crains pas plus vos attaques à Versailles que je ne crains la Commune à Paris », répondit-elle à une attaque de ce journal (17 mai 1871). Elle n’alla pas à Cayenne mais dut quitter la Comédie française de 1872 à 1878.

Albiot (Jean), jeune homme en 1869, avait aidé Rochefort dans sa campagne électorale, puis travaillé au Rappel. Je n’en sais pas plus.

Allix (Jules) (1818-1897), professeur de sciences et de gymnastique, opposant à l’empire, banni, à Jersey proche de Victor Hugo, un peu d’hôpital psychiatrique (il a l’air pourtant plus raisonnable que le grand homme à propos des tables tournantes), des réunions publiques, un Comité des femmes pendant le siège, il est un des « farfelus » de la Commune, dont il est, élu par le huitième… envoyé à Charenton ensuite.

Amouroux (Charles) (1843-1885), ouvrier chapelier, membre de l’Internationale, membre de la Commune (élu du quatrième) dont il est secrétaire et cheville ouvrière de la rédaction des procès verbaux. Déporté en Nouvelle-Calédonie. Plus tard député de la Loire.

André Léo (nom de plume de Léodile Béra) (1824-1900), écrivaine, journaliste et militante des droits des femmes, à Paris avant et pendant la Commune. En Suisse ensuite.

Appert (Eugène et Ernest) (né en 1830 et 1831-1890), photographes « de la magistrature », c’est-à-dire de la police, dès l’empire. L’un ou l’autre est l’auteur de nombreux portraits de communards (en prison) et de montages « représentant » telle ou telle scène de la Commune.

Arnaud (Antoine) (1831-1885), employé de la compagnie de chemin de fer Paris-Lyon-Méditerranée (PLM), publie dans La Marseillaise une série d’articles violemment contre l’administration des chemins de fer, membre de l’Internationale, élu à la Commune par le troisième arrondissement, réfugié à Londres ensuite.

Arnould (Arthur) (1833-1895), employé, puis journaliste, notablement à la Marseillaise, membre de l’Internationale, membre de la Commune (élu du quatrième), réfugié à Genève, lié avec Bakounine. Auteur d’une passionnante et chaleureuse Histoire populaire de la Commune. Apparaît plusieurs fois sur ce site, comme mari de Jeanne Matthey et ami de Jules Vallès, notamment.

Aubry (Émile) (1829-1900), ouvrier lithographe, secrétaire correspondant de la section de Rouen de l’Internationale, à Paris pendant la Commune (à la poste ?), en Belgique ensuite.

Bancel (François-Désiré) (1822-1871), avocat, député en 1849, soutient Cavaignac, exilé à Bruxelles après le coup d’état, élu député « de gauche » du Rhône en 1869.

Bakounine (Mikhail) (1814-1876), révolutionnaire russe, fait l’école des cadets, milite et est exilé de et dans divers pays européens, déporté en Sibérie, évadé… En Suisse. Désireux de créer l’anarchie universelle. En opposition avec une partie de l’Internationale et notamment avec Marx. Exclu de l’Internationale au congrès de la Haye en 1872.

Barberet (Jean Joseph) (1837-1920), secrétaire de la rédaction de La Marseillaise après l’emprisonnement de Dereure en 1870. S’est occupé, après la Commune, de maintenir les syndicats hors de l’influence socialiste.

Bazire (Edmond) (1846-1892), homme de lettres, jeune journaliste à La Marseillaise, avait très mauvaise réputation politique parce qu’il avait crié « Vive la République » au passage de l’empereur en février 1870, de sorte que, bien qu’il se soit peu compromis pendant la Commune, il s’est réfugié à Genève où il a vécu avec Nina de Calias (d’après Vuillaume).

Belot (Adolphe) (1829-1890), dramaturge et auteur prolifique (et à succès).

Billault (Adolphe) (1805-1863), avocat, politicien, candidat officiel, il est élu député de l’Ariège en 1852, nommé président du Corps législatif par Louis-Napoléon, il est le premier à l’appeler « Sire » après le plébiscite qui en fait un empereur. Ministre de l’intérieur ensuite.

Bocquet (Citoyen) (né en 1918), exilé en 1852, professeur de français au London University College School, de retour en France en août 1870, maire du cinquième après le 4 septembre, favorable à la Commune, arrêté en juin 1871 et condamné.

Bonaparte (Louis) (1778-1846), frère de Napoléon Ier et père de Napoléon III.

Bonaparte (Pierre) (1815-1881), tout sur ce reitre et assassin, cousin de l’empereur, se trouve dans le journal, il assassine Victor Noir, est jugé par une juridiction spéciale (haute cour) et est acquitté.

Boudet (C.), je ne sais pas.

Boursin (E.), signe le 9 février (après l’arrestation de Rochefort) dans La Marseillaise avec l’ensemble de la rédaction, est peut-être un des journalistes qui signent d’un pseudonyme, je n’ai aucun renseignement.

Bouvier (Alexis) (1836-1892), ciseleur en bronze et écrivain, auteur de nouvelles publiées dans le Figaro, dans la Rue de Vallès, capable de mener plusieurs feuilletons à la fois, il est aussi l’auteur de la célèbre chanson « La Canaille ».

Brocher (Victorine) (1839-1921), ou Victorine B., comme elle signa son livre, ouvrière piqueuse de bottines, cantinière pendant le siège et la Commune, auteur de Souvenirs. Voir l’article maison.

Busnach (William) (1832-1907), écrivain (et en particulier dramaturge). Je n’ai pas plus d’information.

Cabet (Étienne) (1788-1856), avocat, opposant à la Restauration et participant à la Révolution de juillet, condamné pour délit de presse, se réfugie à Londres en 1834, socialiste utopique, le premier à se définir comme « communiste », il invente une Icarie idéale et la fonde aux États-Unis.

Cail (Jean-François) [et pas Jean-Pierre comme je l’ai écrit dans Comme une rivière bleue] (1804-1871), patron de la métallurgie à Grenelle (ponts, locomotives, etc.), mort le 22 mai 1871, mais pas à Paris (il avait franc-filé).

Calvet (qui a vendu Aubin) est je suppose Calvet-Rognat (Pierre) (1812-1875), député de l’Aveyron (candidat officiel) de 1852 à 1870.

Campaigno (Jean Benoît Joseph François Patras de) (1805-1876), carrière militaire, maire de Toulouse, candidat officiel et élu député de la Haute-Garonne en 1863 puis 1869.

Carjat (Étienne) (1828-1906), photographe et républicain, auteur de photographies célèbres, dont celles de plusieurs (futurs) communards (Vallès, Courbet…) dont il était l’ami.

Casse (Germain) (1837-1900), son arrestation comme journaliste de la Marseillaise n’est pas la première, comparaît au procès de l’Internationale, avec Grousset aux relations extérieures pendant la Commune, pas inquiété ensuite, carrière politique et administrative.

Cavaignac (Eugène) (1802-1857), général et politicien, républicain en 1830, fait ses classes dans l’armée en massacrant des « indigènes » en Algérie, reçoit ensuite tous les pouvoirs exécutifs pour la répression des journées de juin 1848.

Chassin (Louis) (1831-1901), historien et journaliste républicain, très actif pendant le siège, passe toute la durée de la Commune en prison à Bordeaux.

Chevandier de Valdrome (Eugène) (1810-1878), industriel (c’est-à-dire grand patron), député de la majorité dynastique depuis 1859, ministre de l’intérieur du gouvernement Ollivier (janvier 1870).

Cibiel, je n’ai pas réussi à déterminer quel membre de cette famille de grands bourgeois de l’Aveyron (Vincent (1797-1871), député sous la monarchie de Juillet, son fils Alfred (1841-1914), député de 1876 à 1914, ou un autre) avait été candidat contre Deseilligny aux législatives de 1869.

Civry (Jules), si j’en crois Le Gaulois du 10 janvier 1870, ce critique théâtral, qui faisait « La Rampe » dans La Marseillaise est un pseudonyme de William Busnach (voir ce nom).

Claretie (Jules) (1840-1913), littérateur, auteur du feuilleton de la Marseillaise, plus tard auteur d’une histoire versaillaise de la Commune.

Clément (Jean Baptiste) (1836-1903), chansonnier et journaliste, à la Réforme au temps de la Marseillaise, auteur des paroles du Temps des cerises composée avant la Commune. Membre de la Commune (élu du dix-huitième) Exilé à Londres après la Commune.

Clerc (Édouard), le nom est assez commun, mais je ne sais pas qui c’est (il n’apparaît que brièvement dans La Marseillaise, pour la remplacer à la revue de presse en février).

Cluseret (Gustave) (1823-1900), général. Jeune officier, il participe activement à la répression en juin 1848. Crimée, Afrique du Nord, États-Unis où il participe à la Guerre de Sécession et d’où il envoie des correspondances à La Marseillaise. Délégué à la Guerre par la Commune, membre de la Commune (élu le 16 avril par le dix-huitième), jugé pour l’évacuation du fort d’Issy, il est libéré le 21 mai. Réussit à fuir à l’étranger.

Collot (Adolphe) (1830-?), menuisier, membre des commissions ouvrières, collabore à La Marseillaise, membre de l’Association internationale des travailleurs et condamné au procès de cette association en juillet 1870, envoyé en province pendant la Commune, puis arrêté et déporté en Nouvelle Calédonie.

Combault (Amédée) (1837-1895), ouvrier bijoutier, un des membres fondateurs de l’Internationale, figure au troisième procès en juin 1870, directeur des contributions directes pendant la Commune, réfugié à Londres ensuite.

Coppée (François) (1842-1908), poète. Auteur de « La grève des forgerons », œuvre antisociale. Publia notamment, en juin 1871, des dizains qui furent attaqués, politiquement et poétiquement par les Cros, Verlaine, Rimbaud, etc. Membre (évidemment) de l’Académie française.

Corneille (Pierre-Rémy) (1823-1896), député de la majorité dynastique et de la Seine-Inférieure. Pas de vie politique après 1870.

Crémieux (Adolphe) (1796-1880), avocat célèbre dans les procès politiques sous la monarchie, membre du gouvernement provisoire de 1848, longue carrière politique, opposant au coup d’état, élu député « de gauche » lors de l’élection partielle de novembre 1869 (comme Rochefort), membre du gouvernement de la Défense nationale (le célèbre « décret Crémieux » donnant la citoyenneté française aux juifs algériens date d’octobre 1870).

Darboy (Georges) (1813-1871), archevêque de Paris. Otage que la Commune souhaitait échanger contre Blanqui mais que Thiers préfèra laisser exécuter.

Decazes (Élie) (1780-1860), homme de tous les pouvoirs, de 1807 à 1848, fonde en 1826 une société pour développer le charbon et le fer dans l’Aveyron… et une ville, Decazeville.

Deguerry (Gaspard) (1797-1871), curé de la Madeleine depuis 1849, confesseur de l’impératrice, sera fusillé comme otage le 24 mai 1871.

Delescluze (Charles) (1809-1871), journaliste, « vieux » révolutionnaire (a participé aux Trois Glorieuses), emprisonné de nombreuses fois, interdit de séjour pendant dix ans, passe notamment par Cayenne. De retour à Paris en 1860, fonde Le Réveil. Élu député en février 1871, membre de la Commune (élu du onzième), démissionne de l’Assemblée, membre du Comité de salut public, remplace Cluseret à la Guerre, se fait tuer sur la barricade du Château-d’Eau.

Delord (Taxile) (1815-1877), journaliste et homme politique.

Deparcieux (Antoine) (1703-1768), mathématicien, auteur de traités de trigonométrie et d’un Essai sur les probabilités de la durée de la vie humaine (d’où l’on déduit la manière de déterminer les rentes viagères).

Dereure (Louis-Simon) (1838-1900), ouvrier cordonnier, membre de l’Internationale, gérant de La Marseillaise en 1869, adjoint de Clemenceau à la mairie du dix-huitième en novembre 1870, candidat socialiste révolutionnaire aux élections législatives de février 1871, membre de la Commune (élu du dix-huitième), s’est réfugié aux États-Unis via la Suisse, de retour en France en 1881, militant du POF de Jules Guesde.

Deseilligny (Alfred) (1828-1875) (ou Pierrot-Deseilligny), neveu et gendre de Schneider, directeur des forges et maire du Creusot, administrateur des mines de Decazeville, il se fait élire député de l’Aveyron (circonscription d’Aubin) en 1869. Plus tard ministre.

Doineau (capitaine), ce chef d’un bureau arabe fut condamné après avoir été accusé d’avoir organisé une attaque de diligence en Algérie en 1856.

Dombrowski (Jaroslaw) (1836-1871), militaire et patriote polonais, condamné, s’évade lors de son transfert en Sibérie. À Paris depuis 1865, membre de l’Internationale, commandant de la place de Paris à partir du 6 avril 1871. Tué le 23 mai sur une barricade rue Myrrha.

Dorian (Pierre-Frédéric) (1814-1873), ingénieur, maître de forges et député de « gauche », élu en 1863 et réélu en 1869 dans la Loire, fondateur de l’Éclaireur de Saint-Étienne, ministre dans le gouvernement de Défense nationale.

Dreux (Alfred de) (1810-1860), peintre animalier spécialiste du cheval.

Dubost (Antonin) (1844-1921), a assuré l’intérim à La Marseillaise lorsque la rédaction était en prison, a eu ensuite sous la Troisième république une carrière administrative et politique, jusqu’à être président du Sénat.

Dubourg (Charles), la signature n’apparaît qu’une fois dans La Marseillaise, le 21 février (un peintre et un musicien portent ce nom, je n’en sais pas plus).

Dubuc (Achille) (1833-1899), peintre décorateur puis homme de lettres, journaliste à Paris depuis 1868, dans Le Réveil, puis dans La Marseillaise, qui l’envoie à Aubin, puis au Creuzot, où il se lie avec Assi, au 4 septembre il commence une carrière de commissaire de police, la suite est assez trouble.

Du Camp (Maxime) (1822-1894), écrivain, journaliste et photographe, ami de Flaubert, auteur, après la Commune des « Convulsions de Paris », juste ce qu’il fallait d’infamie pour le mettre au niveau de l’Académie française.

Dugué de la Fauconnerie (Henri Joseph) (1835-1914), carrière administrative (sous-préfet, etc.), élu député de l’Orne et de l’extrême droite en 1869.

Dumollard (Martin) (1810-1862), journalier et meurtrier en série de domestiques lyonnaises, guillotiné à Montuel (Ain).

Dupas (Eugène) (né en 1820), ouvrier horloger devenu pharmacien et médecin, proudhonien, signataire de l’ « affiche rouge » en janvier 1871, sert comme médecin pendant la Commune, déporté en Nouvelle Calédonie.

Duvergier (Jean-Baptiste) (1792-1877), avocat et homme politique, ministre de la justice et des cultes en 1869 (avant Émile Ollivier).

Duvernois (Clément) (1836-1879), journaliste, élu député « centre droit » en 1869, ne parviendra à devenir ministre qu’entre la chute d’Ollivier et le 4 septembre.

Engels (Friedrich) (1820-1895), philosophe, collaborateur et ami intime de Karl Marx et de sa famille. Fils d’un industriel fortuné, installé d’abord à Manchester puis à Londres, il a entretenu (financièrement) ces amis et une importante correspondance avec plusieurs d’entre eux.

Enne (Francis) (1844-1891), journaliste, notamment à La Rue de 1867, à La Marseillaise, ne prit pas une part très active à la Commune mais se réfugia quand même en Angleterre, avant de revenir travailler dans des journaux de province, puis en Algérie où il fonda l’Écho d’Oran.

Falloux (Alfred de) (1811-1886), journaliste royaliste, puis élu député en 1848, c’est lui qui a réclamé et obtenu la fermeture des ateliers nationaux, causant les journées de juin, il a été ensuite brièvement ministre de l’instruction publique et des cultes (tout un programme), auteur de la loi qui porte son nom (les religieux enseignaient sans diplôme, les curés surveillaient les écoles), bien entendu membre de l’Académie française.

Favre (Jules) (1809-1880), avocat et homme politique, auteur du décret grâce auquel des milliers d’ouvriers parisiens arrêtés pendant l’insurrection de juin 1848 furent déportés en Algérie, politicien « de gauche » sous l’empire, ministre des affaires étrangères du gouvernement Thiers. On ne le savait pas encore au temps de La Marseillaise, mais il avait fait un certain nombre de faux qui furent révélés par Millière, à propos de sa femme, Jeanne Charmont, qui était l’épouse d’un autre, et de leurs enfants. Ce qui coûta sans doute la vie à Millière.

Ferry (Jules) (1832-1893), élu député de « gauche » et de la Seine en 1869, maire de Paris à partir du 15 novembre 1870, longue carrière politique, qui lui permit de laisser son nom à des lois honorables plutôt qu’au « pain-Ferry », l’ignoble pain du siège (qui a contribué à faire sa fortune).

Fialin de Persigny (Jean Gilbert Victor) (1808-1872), un des tous premiers et des plus proches fidèles de Louis-Napoléon Bonaparte, ce qui lui a rapporté beaucoup, et lui a permis de gagner encore plus dans la Loire.

Flaubert (Gustave) (1821-1880), écrivain, son roman « L’Éducation sentimentale » (une autre « histoire d’une génération ») paraît en 1869. Comme (presque) tous les écrivains, il sera violemment anticommunard.

Flourens (Gustave) (1838-1871), universitaire et révolutionnaire, participe à La Marseillaise. Brillant, sympathique, crack-brained — ce n’est qu’un glossaire. Voir l’article maison.

Fonvielle (Arthur de) (1829-1914), dans la marine, puis journaliste en Algérie et en France, à La Marseillaise, brièvement maire du onzième arrondissement en octobre 1870, à Saint-Denis où il rend des services au gouvernement versaillais (d’après Lefrançais) pendant la Commune.

Fonvielle (Ulric de) (1833-1911), journaliste, peintre et soldat, pendant la guerre de Sécession notamment, journaliste à La Marseillaise, rendu célèbre par sa présence aux côtés de Victor Noir lors de l’assassinat de celui-ci, comme son frère à Saint-Denis pendant la Commune.

Fonvielle (Wilfrid de) (1824-1914), journaliste scientifique et républicain. Violemment anticommunard.

Forcade la Roquette (Adolphe de) (1820-1874), homme politique du second empire, souvent ministre et en particulier ministre de l’intérieur en 1869 — un ministre de l’intérieur qui porte le nom d’une prison !

Fourier (Charles) (1772-1837), philosophe, fondateur de l’ « école sociétaire », socialiste « critico-utopique » (selon Marx), invente des communautés, « phalanstères », bases d’une nouvelle forme d’état.

Franquin (Jules) (né en 1838), ouvrier lithographe, membre de l’Internationale depuis août 1869, est trésorier du conseil fédéral parisien, inculpé dans le troisième procès de l’Internationale, est toujours trésorier pendant la Commune, condamné à cinq ans de détention.

Gaillard (Napoléon) (1815-1900), dit aussi « Gaillard père », cordonnier nîmois installé à Paris, participe activement au mouvement de réunions publiques des années 1868-70, plusieurs fois condamné. Pendant la Commune, s’occupe des barricades, puis se réfugie à Genève. Quelques activités politiques après l’amnistie.

Gambetta (Léon) (1838-1882), avocat, élu député de Marseille et de la « première circonscription de la Seine » en juin 1869, ce qui occasionne l’élection partielle et l’élection de Rochefort, à la proclamation de la République membre du gouvernement de défense nationale, élu député en février 1871, démissionne, s’éloigne, est réélu en juin, carrière politique, finit par voter pour l’amnistie des communards.

Gambon (Charles Ferdinand) (1820-1887), avocat, élu représentant du peuple en 1848, différentes prisons après le coup d’état de 1851 où il se radicalise. En 1869, il refuse de payer l’impôt, sa ferme est vendue et sa vache saisie. « La vache à Gambon » devient légendaire. Candidat socialiste révolutionnaire aux élections législatives de février 1871, il est élu député, membre de la Commune (élu du dixième), démissionne de l’Assemblée nationale, membre du Comité de salut public, sur les barricades jusqu’au 28 mai. Réussit à se cacher et à gagner la Suisse.

Garreau (Maurice) (1847-1871), serrurier, participe au mouvement des réunions publiques, arrêté et condamné, jugé dans le procès du complot à Blois en 1870, signataire de l’ « affiche rouge » en janvier 1871, directeur de la prison de Mazas pendant la Commune, fusillé le 26 mai.

Gastineau (Benjamin) (1823-1903), ouvrier typographe, journaliste et historien, poursuivi sans cesse de 1848 à 1870, auteur de différents livres et brochures (dont la Marseillaise) rend compte. Il a dirigé la bibliothèque Mazarine pendant la Commune, puis a pu fuir en Belgique.

Gill (André) (1840-1885), peintre et caricaturiste, publie ses dessins dans la Rue de Vallès et dans d’autres journaux, dans l’Éclipse et la Marseillaise pendant les années 1869-1870, dirige le musée du Luxembourg pendant la Commune, mort dans un hôpital psychiatrique.

Girardin (Émile de) (1806-1881), journaliste, homme politique, fonde La Presse, développe la publicité et les feuilletons. Au temps de La Marseillaise, il dirige La Liberté.

Girault (de), ce correspondant de Sainte-Beuve est sans doute le photographe Joseph-Philibert Giraud de Prangey (1804-1892) (plutôt que le grammairien Charles-Pierre Girault-Duvivier (1765-1832)), qui fréquentait chez la princesse Mathilde.

Grandperret (Théodore) (1818-1890), avocat, procureur impérial et homme politique (ministre de la justice et des cultes du 10 août au 4 septembre 1870).

Grant (Ulysses S.) (1822-1885), après avoir commandé les troupes nordistes pendant la Guerre de sécession, élu président des États-Unis en 1868, a dû s’occuper de la « reconstruction » de l’Union.

Grousset (Paschal) (1844-1909), né à Corte, journaliste à La Marseillaise, condamné après l’assassinat de Victor Noir, écrit sous pseudonyme, membre de la Commune (élu du dix-huitième), délégué aux relations extérieures, vote pour le Comité de Salut public, déporté en Nouvelle-Calédonie, évadé avec Rochefort en 1874. Écrivain, notamment de romans d’aventure, dont certains avec (ou pour) Jules Verne.

Guéroult (Adolphe Georges) (1810-1872), journaliste fondateur de l’Opinion nationale. Battu par Jules Ferry aux législatives de 1869, il n’était plus député.

Guyot-Montpayroux (Antoine Léonce) (1839-1884), licencié en droit, élu député du « centre gauche » et de la Haute-Loire en 1869, petite vie politique encore plus à droite ensuite.

Habeneck (Charles) (1836-1879), journaliste, notamment à La Marseillaise, et écrivain, je n’en sais pas plus.

Haussmann (Georges Eugène) (1809-1891), préfet de la Seine depuis 1853, responsable des transformations de Paris au cours du second empire, destitué par le ministère Ollivier en janvier 1870.

Héligon (Jean-Pierre) (né en 1834), ouvrier imprimeur sur papier peint, un des membres fondateurs de l’Association internationale des travailleurs, condamné au troisième procès de l’Internationale. S’opposa violemment à la Commune.

Hetzel (Pierre-Jules) (1814-1886), éditeur et écrivain, exilé en Belgique après le coup d’état, il y publie les Châtiments de Hugo, de retour à Paris, il publie Proudhon, collabore avec des illustrateurs, des écrivains et des scientifiques (et publie Jules verne, bien sûr).

Hugo (Charles) (1826-1871), journaliste, notamment au Rappel, et comme tel souvent accusé et jugé pendant la période de La Marseillaise, mort subitement, enterré le 18 mars à Paris (les barricades s’ouvrent pour laisser passer son père Victor Hugo et le corbillard place de la Bastille).

Hugo (Victor) (1802-1885), célèbre poète, écrivain et homme politique. Exilé pendant le second empire, conciliateur pendant la Commune, intervient plusieurs fois (de loin) via Le Rappel, contre les représailles notamment. Tente de sauver Rochefort de la déportation, Maroteau de l’exécution (avec succès dans ce cas), militant de l’amnistie.

Humbert (Alphonse) (1844-1922), militant blanquiste, journaliste, notamment à La Marseillaise, diverses arrestations pendant l’Empire, signataire de l’ « affiche rouge » en janvier 1871, candidat socialiste révolutionnaire aux élections législatives de février 1871. Avec Vermersch et Vuillaume, fait Le Père Duchêne pendant la Commune. Dénoncé, arrêté, déporté en Nouvelle Calédonie. Élu conseiller de Paris dès 1879 alors qu’il est encore inéligible. Carrière politique (radical-socialiste) après l’amnistie.

Jubinal (Achille) (1810-1875), député de la majorité dynastique et des Hautes-Pyrénées jusqu’au 4 septembre 1870, par ailleurs médiéviste.

Kinck (famille), c’est la famille qui fut « massacrée » par Troppmann.

Labbé (Jules) (1833-1893), fait le « Courrier politique » pendant qu’Arthur Arnould est en prison. Normalien, « professeur de troisième au Collège Rollin », puis journaliste, puis de nouveau enseignant.

Lagrange (Commissaire), la police politique est occulte, je n’ai pas davantage de renseignement sur ce policier que celles que donne Rigault dans son article daté du 11 janvier, sauf le fait (postérieur) qu’il organisa « le complot » et que sa carrière culmina au procès de Blois.

Lamartine (Alphonse de) (1790-1869), poète romantique et homme politique (révolution de février 1848). A rejeté le drapeau rouge et imposé le tricolore.

Lavigne (Ernest) (1845-1880), jeune journaliste à La Marseillaise. Auteur de l’article qui mit le feu aux poudres de l’affaire Pierre Bonaparte. Brièvement secrétaire de Rossel pendant la Commune. Exilé en Russie ensuite. Meurt « rédacteur réactionnaire d’un journal réactionnaire » (La Liberté, Monteil). [Je soupçonne qu’il soit « L’Ingénu ».]

Lefrançais (Gustave) (1826-1901), instituteur sans poste (à cause de ses opinions), comptable, condamné en 1848 et en 1851, candidat socialiste révolutionnaire aux élections législatives de février 1871, membre de la Commune (élu du quatrième). Combat sur les barricades à la Bastille et réussit à s’enfuir à Genève. Membre de l’Internationale, choisit la fédération jurassienne (Bakounine). Auteur d’un livre sur le mouvement communaliste et de « Souvenirs ».

Lepelletier (François) (1826-1900), substitut du procureur impérial.

Lullier (Charles) (1838-1891), officier de marine, condamnations pour violences pendant l’Empire, membre du Comité central et commandant en chef de la Garde nationale le 18 mars. Commet la faute capitale de ne pas occuper le Mont-Valérien. Arrêté, destitué, arrêté, etc. Arrêté en août 1871 et déporté en Nouvelle-Calédonie. Réputation de mouchard. Plus tard, boulangiste.

Magnan (Bernard Pierre) (1791-1865), militaire de l’Empire, de la Restauration, de la conquête de l’Algérie, de la monarchie de Juillet, commandant en chef de l’armée de Paris en juin 1851, il est un des organisateurs du coup d’état.

Magnard (Francis) (1837-1894), journaliste, notamment au Gaulois, au Figaro…

Magne (Pierre) (1806-1879), avocat, député de la majorité sous la monarchie de juillet, bonapartiste avant le coup d’état, était ministre après les élections de 1869 et jusqu’au 17 décembre, fut encore ministre d’encore un gouvernement réactionnaire en 1873-74.

Maillet (Jacques), pseudonyme de Millière dans les colonnes de La Marseillaise.

Malardier (Pierre) (1818-1894), instituteur, élu député de la Nièvre en 1849, condamné après l’affaire du 13 juin 1849 (voir l’article maison sur Gambon), contraint à l’exil après le coup d’état, avant la Commune écrit dans plusieurs journaux républicains, est dans la Nièvre pendant la Commune, ce qui ne l’empêcha pas de faire sept années de prison.

Malon (Benoît) (1841-1893), teinturier et journaliste. Un des fondateurs de l’Internationale. Envoyé de La Marseillaise au Creusot. Signataire de l’ « affiche rouge » en janvier 1871, candidat socialiste révolutionnaire aux élections législatives de février 1871, élu député, membre de la Commune (élu du dix-septième), démissionne de l’Assemblée nationale, adhère à la déclaration de la minorité. Défend les Batignolles avec Jaclard. Caché par diverses personnes, passe en Suisse. Écrit dès l’automne son livre La Troisième défaite du prolétariat…. Union libre avec André Léo. Doit choisir entre Londres (Marx) et la Fédération jurassienne (Bakounine), choisit la deuxième.

Marion de Faverges (Joseph) (1829-1890), agent de change, élu député de l’Isère et « de gauche » en juin 1869, son élection est invalidée, il se représente le 6 avril 1870 et est réélu.

Marot (L.), je n’ai trouvé aucune information sur le journaliste qui signait « La Bourse » dans La Marseillaise.

Maroteau (Gustave) (1849-1875), journaliste formé chez Vallès (à La Rue), ne participa pas à La Marseillaise, mais y est mentionné plusieurs fois. Condamné à mort pour des articles anticléricaux pendant la Commune, « gracié » et envoyé mourir en Nouvelle-Calédonie. Voir les articles maison.

Marx (Karl) (1818-1883), philosophe et théoricien socialiste, en particulier de la lutte des classes comme moteur de l’histoire. Un des fondateurs de l’Internationale (car, si les philosophes s’étaient contentés jusque là d’interpréter le monde, il s’agissait désormais de le transformer), auteur juste après la Commune de l’adresse La Guerre civile en France — et auteur d’une correspondance très utile.

Mathilde (Princesse), il s’agit de Mathilde Bonaparte (1820-1904), cousine de Napoléon III, qui tenait un salon très couru.

Mathorel (Citoyen), le seul renseignement que j’ai trouvé sur cet omniprésent orateur de réunions publiques, délégué du Comité central républicain antiplébiscitaire, c’est qu’il habitait 110 rue de Rivoli en avril 1870.

Michel (Louise) (1830-1905), institutrice et grande figure de la Commune et des luttes qui suivirent l’amnistie des communards.

Millière (Jean-Baptiste) (1817-1871), journaliste, directeur-gérant de La Marseillaise et arrêté comme tel, élu chef de bataillon, élu député en février 1871. Ni membre de la Commune, ni même vraiment démissionnaire de l’Assemblée. C’est sans doute à une vengeance de Jules Favre, dont il avait dévoilé les faux, qu’il dut d’être fusillé, le 26 mai 1871, sur les marches du Panthéon. Voir l’article maison.

Moilin (Tony) (1832-1871), médecin socialiste, auteur de Paris en l’an 2000 signataire de l’ «  affiche rouge » de janvier 1871, une des victimes célèbres de la Semaine sanglante. Voir l’article maison.

Mollin (Gabriel) (1835-1912), doreur sur métaux, un des premiers adhérents de l’Association internationale des travailleurs, ne semble pas avoir pris part à la Commune. Anarchiste ensuite.

Money (L.), je n’ai pas vu ce nom apparaître dans La Marseillaise, je ne sais rien.

Morny (Charles de) (1811-1865), financier, spéculateur et homme politique, demi-frère de Louis-Napoléon Bonaparte, il est la cheville ouvrière du coup d’état. Ministre de l’intérieur ensuite, un homme de pouvoir et d’affaires.

Morot (E.), je n’ai pas trouvé d’information sur ce journaliste, si ce n’est qu’il a collaboré aux journaux la Nouvelle République, l’Affranchi (de Paschal Grousset) et Paris-Libre pendant la Commune.

Mourot (Eugène) (1848-1909), journaliste, a collaboré à La Rue de Vallès, puis avec Rochefort à La Marseillaise, et au Mot d’ordre pendant la Commune, arrêté avec Rochefort en mai 1871, déporté en Nouvelle Calédonie, de retour en France en 1884.

Nadaud (Martin) (1815-1898), maçon creusois et homme politique, opposant à l’empire.

Nefftzer (Auguste) (1820-1876), journaliste, fondateur du Temps.

Noir (Louis) (1837-1901), pseudonyme de Louis-Étienne Salmon, zouave en Crimée, en Algérie, puis journaliste, notamment à La Marseillaise après la mort de son frère Victor, carrière d’écrivain ensuite (et je ne sais pas ce qu’il fait pendant la Commune).

Noir (Victor) (1848-1870), pseudonyme d’Yvan Salmon, journaliste « chez » Vallès, puis à La Marseillaise, assassiné par Pierre Bonaparte. Voir les articles maison.

Odger (George) (1814-1877), cordonnier anglais, syndicaliste, secrétaire des Trade Unions de Londres, participe à la fondation de l’Association internationale des travailleurs en 1864, s’en sépare après la Commune.

O’Donovan Rossa (Jeremiah) (1831-1915), dirigeant « fenian », pour la « libération de l’Irlande par les armes », emprisonné (durant six ans), élu mais invalidé parce qu’emprisonné, amnistié en 1870, aux États-Unis ensuite.

Ollivier (Émile) (1825-1913), homme politique, fils de Demosthenes Ollivier (un républicain expulsé pour opposition à l’empire), accepte en janvier 1870 de devenir ministre de la Justice dans un gouvernement « libéral », se fait élire à l’Académie française, est renversé lors des premières défaites de la guerre qu’il a acceptée « d’un cœur léger ».

Pain (Olivier) (1845-1885), sera avec Paschal Grousset pendant la Commune, se battra jusqu’à la fin de la Commune, sera déporté en Nouvelle Calédonie, s’évade avec Rochefort, auteur d’une série d’articles de l’Intransigeant sur les évasions des communards et d’un livre sur Rochefort, correspondant de guerre au Soudan, il y meurt.

Parent (Ulysse) (1828-1880), dessinateur d’objets d’arts, signe (sauf erreur) un seul article dans La Marseillaise (le 24 avril), apparaît dans les comptes rendus de réunions publiques, élu à la Commune par le neuvième, démissionnaire le 5 avril, jugé avec les membres de la Commune et acquitté.

Paúl y Angulo (José) (1842-1892), écrivain et homme politique espagnol, engagé pour la République, élu député en 1869, opposant à Prim après la prise de position royaliste de celui-ci.

Péreire (Isaac) (1806-1880), banquier, administrateur du chemin de fer de Lyon (toutes opérations financières, industrielles et immobilières), élu député de l’Aude en 1863, invalidé, réélu, élu à nouveau en 1869, à nouveau invalidé et réélu.

Peyrat (Alphonse) (1812-1890), journaliste, fondateur de l’Avenir national.

Picard (Ernest) (1821-1877), avocat et homme politique, député depuis 1858, « centre gauche » en 1869, sera ministre dans le gouvernement de l Défense nationale, puis ministre de l’Intérieur de Thiers pendant la Commune. Finit sénateur à vie.

Pietri (Joseph Marie dit Joachim) (1820-1902), avocat, bonapartiste, carrière préfectorale, préfet de police depuis le 21 mai 1866 (second préfet de police de ce nom). Carrière politique dans le parti bonapartiste après la chute de l’empire.

Pilotell (Georges Pilotelle dit) (1845-1918), caricaturiste. Sera commissaire spécial de la Commune, pourra se réfugier à Londres, auteur d’un album de dessins Avant, pendant et après la Commune.

Pinel (Docteur), témoin (ou presque) de l’assassinat de Victor Noir, je n’en sais pas plus.

Piré (Alexandre Elisabeth de Rosnyvien de) (1809-1885), député depuis 1856, dans la « majorité dynastique » puis dans le « centre droit », réputé pour ses discours décousus. Sa vie politique s’arrête le 4 septembre 1870.

Poirier (Augustine Aline Cros) (née en 1840), militante des droits des femmes, épouse de Louis Poirier, mécanicien (qui sera adjoint au maire du onzième après le 4 septembre),

Proudhon (Pierre Joseph) (1809-1865), philosophe et journaliste socialiste, un des premiers théoriciens de l’anarchisme, souvent emprisonné ou exilé, à l’origine (pour le meilleur et aussi pour le pire) de la formation politique de la plupart des socialistes français du temps de la Marseillaise et de la Commune.

Puissant (Gustave) (1830-1908), journaliste et homme de lettres, collabore à La Rue de Vallès en 1867. Nombreux beaux articles dans La Marseillaise. Après la Commune, collabore aussi avec la préfecture de police sous le « nom » de n°6. Voir l’article maison

Pyat (Félix) (1810-1889), auteur de mélodrames, activiste politique réfugié en Suisse, en Belgique et en Angleterre pendant l’empire, élu député aux élections législatives de février 1871, puis membre de la Commune (élu du dixième), vote pour le Comité de Salut public et en est membre, puis remplacé. Réussit à fuir à Londres.

Rabuel (Lucien) (né en 1844), a été militaire, journaliste, sera brièvement sous-préfet à Mostaganem après le 4 septembre, inspecteur des forts du sud à la fin de la Commune, déporté en Nouvelle Calédonie, à Poitiers après l’amnistie.

Ranc (Arthur) (1831-1908), opposant à l’empire, poursuivi et condamné depuis 1851, déporté à Lambessa, collabore à plusieurs journaux d’opposition et fait les théâtres dans La Marseillaise, se cache un moment pour éviter l’arrestation en février 1870, élu à la Commune par le neuvième, il démissionne le 5 avril, n’est pas inquiété puisqu’il est candidat aux élections municipales de juillet 1871, mais fuit ensuite en Belgique et est condamné à mort par contumace. Carrière dans la presse et politique ensuite.

Ranvier (Alexandrine Lépine) (1829-1870), oratrice de réunions publiques, militante des droits des femmes (selon la Cloche qui raconte son enterrement civil, suivi par deux mille personnes) et épouse de Gabriel Ranvier.

Raspail (François) (1794-1878), chimiste et homme politique, emprisonné dès 1831, vieux républicain socialiste élu député en 1869, sera encore présent à l’Assemblée pour demander l’amnistie des communards à la fin de sa vie.

Razoua (Eugène) (1830-1879), spahi, puis journaliste, contribue à la fondation du Réveil avec Delescluze en 1868, souvent arrêté, élu député de la Seine en février 1871, démissionne, se bat pendant la Commune, se réfugie à Genève ensuite (où il est mort).

Récamier (Juliette) (1779-1849), femme de la grande bourgeoisie, célèbre pour ses salons et les portraits que l’on a faits d’elle.

Reclus (Élisée) (1830-1905), géographe. Garde national pendant la Commune, il est fait prisonnier le 4 avril 1871, condamné à la déportation dans une enceinte fortifiée, sa peine est commuée en dix ans de bannissement à la suite d’une pétition internationale animée par Darwin. En Suisse ensuite. Militant et théoricien anarchiste.

Rémusat (Paul de) (1831-1897), homme de lettres, candidat malheureux contre Campaigno dans la Haute-Garonne aux élections de 1869, sera élu député en 1871.

Rigault (Raoul) 1846-1871, journaliste, blanquiste, spécialiste des hommes de la police et de la justice, collabore à La Marseillaise, délégué de la Commune à la Sûreté générale, procureur de la Commune. Tué rue Gay-Lussac le 24 mai. Voir l’article maison

Rochefort (Henri) (1831-1913), journaliste, vaudevilliste et homme politique, fondateur de journaux d’opposition à l’Empire, La Lanterne, puis La Marseillaise en 1869-70. Député de la première circonscription de Paris en 1869. Ministre au 4 septembre. Publie Le mot d’ordre pendant la Commune. Condamnation, évasion de Nouvelle-Calédonie. Choix politiques douteux (boulangiste puis anti-dreyfusard) après l’amnistie.

Rouher (Eugène) (1814-1884), l’homme politique bonapartiste par excellence, ministre sans cesse pendant les années 1860.

Rouxin (Charles Pierre) (1814-1891), avocat, député de l’Ile-et-Vilaine dans la majorité dynastique.

Saillard, conseiller à la cour de cassation, est moins célèbre que Troppmann, sur lequel il rapporta, je n’ai pas trouvé d’information.

Saint-Arnaud (Armand Jacques Leroy de) (1798-1854), massacreur et tortionnaire en Algérie avec Bugeaud et Cavaignac, ministre de la guerre du « prince président » Bonaparte, l’assiste dans son coup d’état en mitraillant les opposants, meurt du choléra pendant la guerre de Crimée.

Sainte-Beuve (Charles-Augustin) (1804-1869), homme de lettres et critique littéraire.

Saint-Simon (Claude Henri de Rouvroy, comte de) (1760-1825), philosophe et économiste, étudie la société industrielle en formation, considéré comme un précurseur du socialisme.

Salvador Daniel (Francisco) (1831-1871), compositeur et interprète, spécialiste de musique arabo-andalouse (voilà un Français qui n’est pas allé en Afrique du Nord pour massacrer les indigènes mais pour apprendre leur musique), critique musical à La Marseillaise, signataire de l’ « affiche rouge » en janvier 1871, directeur du Conservatoire pendant quelques jours en mai 1871 après la mort d’Auber. Brutalement exécuté. Voir l’article maison

Sand (George), nom de plume d’Aurore Dupin (1804-1876), écrivaine célèbre, un temps réputée socialiste (sous l’influence de Pierre Leroux), très hostile à la Commune.

Sauton (Georges) (1842-1888), homme de lettres.

Schneider (Eugène) (1805-1875), c’est le véritable héros de La Marseillaise, et il y a de quoi, maître de forges (mines et aciéries du Creusot), symbole du pouvoir économique du capitalisme français et homme politique (président du Corps législatif de 1867 au 4 septembre 1870). « Au commencement de 1870, une grève subite et générale des ouvriers du Creuzot appela vivement l’attention, pendant quelques semaines, sur l’organisation de cette admirable usine et sur la personnalité de son directeur » (dit le Dictionnaire des contemporains).

Simon (Jules) (1814-1896), philosophe et homme politique, républicain, politicien, « de gauche », sera un des « Jules » du gouvernement de la Défense nationale en 1870, carrière politicienne, sénateur, académicien…

Sivry (Charles de) (1848-1900), musicien, demi-frère de Mathilde Mauté (qui épousera Verlaine en août 1870), garde national pendant la Commune emprisonné à Satory du 8 juillet au 18 octobre 1871.

Theisz (Albert) (1839-1881), ouvrier bronzier, membre de l’Internationale, condamné sous l’Empire, signataire de l’ « affiche rouge » en janvier 1871, candidat socialiste révolutionnaire aux élections législatives de février 1871, membre de la Commune (élu du douzième), réorganise le service de la poste dans Paris, signe le manifeste de la minorité. Se bat jusqu’au 27 mai et réussit à gagner l’Angleterre. Une des personnalités les plus aimées de la Commune. Candidat aux élections municipales dans le onzième, il meurt le jour du scrutin. Voir les articles maison.

Thiers (Adolphe) (1797-1877), homme politique, à divers postes de pouvoir sous la monarchie de juillet, partisan de l’écrasement de l’insurrection en juin 1848, député de l’ « opposition » depuis 1863, élu chef du pouvoir exécutif par l’Assemblée nationale le 17 février 1871, franc-fileur en mars, « effroyable lutte contre la Commune […] qui aboutit, malgré toutes les difficultés et les obstacles, au rétablissement de l’ordre dans Paris ensanglanté et livré aux flammes » (bref, ignoble crapule qui charma et conquit la bourgeoisie par sa sécheresse de cœur et sa petitesse de cerveau). Premier président de la République (jusqu’en 1873).

Tissot, je n’ai pas réussi à obtenir de renseignement sur cet ingénieur en chef (le nom est commun, il y a bien un mathématicien et un géologue, mais ce n’est pas lui) si détesté à Aubin (et pour cause).

Tommasi (Louis) (né vers 1844), bâtonnier de l’ordre des avocats de Bastia, fondateur du journal républicain la Revanche, dont Paschal Grousset était correspondant à Paris.

Tridon (Gustave) (1841-1871), avocat et journaliste, ami et disciple de Blanqui, rédacteur de l’ « affiche rouge » de janvier 1871, membre de la Commune (élu du cinquième). Réussit à fuir mais, malade, meurt d’épuisement à Bruxelles en août 1871. Auteur d’écrits antisémites.

Troplong (Raymond-Théodore) (1795-1869), juriste et politicien, président du Sénat pendant presque tout le second empire, dont il avait été rédacteur de la constitution.

Troppmann (Jean-Baptiste) (1849-1870), mécanicien jugé coupable du meurtre de huit personnes à Pantin et guillotiné à la Roquette le 19 janvier 1870.

Vaillant (Jean Baptiste Philibert) (1790-1872), maréchal de France depuis décembre 1851, plusieurs fois ministre (guerre, beaux-arts), membre du conseil privé et surtout ministre de la maison de l’empereur, et très bien rémunéré…

Vallès (Jules) (1832-1885), écrivain et journaliste. Il a été opposant à l’Empire, a créé divers journaux, a été poursuivi. Il a collaboré à La Marseillaise brièvement. Fondateur et rédacteur en chef du Cri du peuple, rédacteur de l’ « affiche rouge » en janvier 1871. Candidat socialiste révolutionnaire aux élections législatives de février 1871, membre de la Commune (élu du quinzième), s’est battu jusqu’au bout, il a réussi à fuir (jusqu’à Londres). Et il était un écrivain brillant. Détesté par la droite.

Varlin (Eugène) (1839-1871), relieur, « le » héros de la Commune et du mouvement ouvrier français. Ouvrier aux immenses qualités personnelles, il se cultive, est un des fondateurs de l’Internationale en France, fonde un restaurant coopératif, participe à La Marseillaise, est membre du Comité central de la Garde nationale (il est commandant du 193e), le membre le mieux élu de la Commune (élu par trois arrondissements, il choisit le sixième), délégué aux finances avec Jourde. Il signe le manifeste de la minorité, défend longuement le carrefour de la Croix-Rouge, se bat jusqu’au bout de la dernière barricade (il est alors délégué à la Guerre), ne cherche pas à fuir, est dénoncé par un prêtre et brutalement assassiné le 28 mai.

Verdure (Augustin Joseph) (1826-1873). Instituteur, tient le bulletin du « Mouvement social » à La Marseillaise, membre de la Commune (élu du onzième), condamné à la déportation, meurt en Nouvelle-Calédonie.

Verdure (Caroline) (née en 1826), institutrice. Militante des droits des femmes. Pendant la Commune, dirige un orphelinat dans le onzième (arrondissement dont son mari est élu à la Commune).

Verlet (Henri), nom de plume d’Henri Place (né en 1847), typographe, correcteur, journaliste, blanquiste et libre penseur, directeur du journal La Libre pensée au temps de La Marseillaise, membre de l’Internationale, au Cri du peuple et sur les remparts pendant la Commune, déporté en Nouvelle Calédonie, toujours blanquiste et actif dans les années 1890.

Vermersch (Eugène) (1845-1878), poète et journaliste, sauf erreur il ne signe que deux articles dans La Marseillaise, il est pendant la Commune un des rédacteurs du Père Duchêne (avec Humbert et Vuillaume). Réfugié à Londres, mort fou (« fusillé par l’orgueil », écrit Vallès).

Vendre (Jean-Thomas) (1818-1873), politicien, élu député du centre droit et de l’Isère en 1869.

Vermorel (Auguste) (1841-1871), journaliste et condamné comme tel sous l’Empire, membre de la Commune (élu du dix-huitième), signe la déclaration de la minorité. Grièvement blessé au côté de Delescluze le 25 mai place du Château-d’Eau. Il est arrêté et meurt de sa blessure le 20 juin à l’hôpital de Versailles. Voir les articles maison.

Vignaud (Jacques), je n’ai aucune information sur ce collaborateur occasionnel de la Marseillaise.

Viollet-le-Duc (Eugène) (1814-1879), architecte surtout célèbre pour ses restaurations d’églises médiévales (Vézelay, Notre-Dame de Paris, entre autres).

Zangiacomi (Prosper) (1802-1877), haut magistrat qui présida la haute cour pour le procès Pierre Bonaparte.